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Un peu d'histoire

Hector Gabriel FalliganA l’emplacement actuel de l’hôtel Falligan, au numéro 172 du Kouter à Gand, s’élevait, au XIVème siècle déjà, un « Steen ». Ce « Steen » fut démoli au début du XVIIème siècle et reconstruit comme hôtel de maître. Cet immeuble passa en de nombreuses mains au cours du XVIIème siècle et de la première moitié du XVIIIème siècle.


Le 20 décembre 1754, les héritiers du Sieur Philippe Papeians de Morchoven vendent cet immeuble à Messire Hector-Gabriel Falligan.
Dès le 25 février 1755, le nouveau propriétaire demande aux échevins de la Keure l’autorisation de pouvoir faire des changements à son hôtel aux fins d’embellissement. Ces changements équivalaient en fait à le rebâtir complètement, ne laissant subsister de l’édifice original que les très belles caves gothiques voûtées du Moyen Age.


Le projet est approuvé ainsi d’ailleurs que celui introduit le lendemain et qui portait sur l’ajout d’un arrière-corps donnant, à l’époque, sur la petite ruelle parallèle au Kouter : le Meire.
Hector Gabriel Falligan descend d’une famille noble originaire de l’Anjou qui vint s’établir à Lille et à Tournai dans le courant du XVIIème siècle. Hector Gabriel Falligan, seigneur d’Aubuisson, est né à Tournai le 4 février 1716. Il épouse, le 10 septembre 1746, Jeanne Agnès Depestre (1712-1795) héritière d’une des plus grosses fortunes du pays. En effet, le père de Jeanne Agnès Depestre, Jean-Baptiste Depestre (1678-1751) issu d’un milieu de moyenne bourgeoisie commerçante, anobli au début du XVIIIème siècle, se lança après 1713 dans « le commerce des Indes en gros ». Il fut un des principaux actionnaires de la Compagnie Générale des Indes, dite d’Ostende, et accumula ainsi une fortune très considérable.
C’est cette fortune transmise à sa fille qui joua un rôle primordial dans la construction de l’Hôtel Falligan. En effet, le couple Falligan-Depestre, sans enfants, construisit ce somptueux hôtel sans aucune contrainte financière.
Hector Gabriel Falligan mérite bien le titre d’ « Homme du monde éclairé par les arts ».

Il eut le bonheur de vivre la plus grande partie de sa vie sous le règne pacifique et bienveillant de Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur-général des Pays-Bas autrichiens. Cette époque rendit à nos provinces la prospérité grâce à une longue période de paix qui s’étend de 1749 à la révolution française.
Pour le reste, il y a peu de choses à dire de cet opulent patricien qui vécu en homme paisible, sans activités professionnelles connues et dont le seul exploit rapporté est d’avoir été nommé « Roi » de la Confrérie des Arquebusiers de Saint-Antoine en 1756, après avoir planté un boulet à sept pouces du centre du blason.


Hector Gabriel Falligan vécut toute sa vie dans ce bel hôtel qui porte son nom. Il meurt le 14 novembre 1781 à Gand et sa veuve, Jeanne Agnès de Pestre, y maintient sa résidence jusqu’à son décès le 18 novembre 1795 à l’âge de 83 ans.
Jeanne Agnès de Pestre fait don de tous ses biens à sa nièce, Marie-Jeanne Thècle de Pestre, retirée à Lille.


Cette donation fait l’objet d’un long procès avec les autres héritiers Depestre qui obtiennent gain de cause. Marie-Jeanne Thècle de Pestre est condamnée à la vente publique des biens légués par sa tante, dont l’Hôtel Falligan.
Celui-ci est vendu le 22 avril 1804 à une société tontinière, Société Civile de la Maison Falligan, constituée à cet effet dans le but de donner l’immeuble en location à la Société Littéraire, « le Club ». C’est ainsi que la toute jeune Société Littéraire, fondée deux ans auparavant (le 14 février 1802), eut le bonheur de s’établir dans cet immeuble prestigieux qu’elle occupe toujours.
Le 14 avril 1928, la Société Civile « Maison Falligan » est mise en liquidation et l’immeuble devient la propriété pleine et entière de la Société Littéraire « le Club » (voir signe ci-contre)
En 255 ans, l’Hôtel Falligan n’a, par conséquent, changé que deux fois de propriétaire et la Société Littéraire, « le Club » l’occupe depuis plus de 200 ans.
Nul doute que cette pérennité dans la propriété a contribué dans une large mesure au maintien dans l’état de ce joyau de l’architecture, de l’ameublement et de la décoration Rococo à Gand.